DEVELOPPEMENT MOTEUR

 

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La question du développement moteur de l'enfant constitue historiquement une des composantes identitaires forte de notre discipline. L'EPS fait de la mobilisation des ressources un thème central de son action. L'étude des adaptations comportementales peut donc être appréhendé au travers de diverses théories.

 

Le développement moteur de l'enfant du point de vue des qualités physiques

 

 

 

Le développement moteur est envisagé ici au travers de l'évolution des capacités physiques.

Concernant le développement de la force : augmentation régulière jusqu'à 12 ans puis très rapide jusqu'à 18 ans où elle se stabilise (stabilisation plus précoce chez les filles : 14 ans).

Concernant la vitesse, elle progresse de manière très nette entre 5 et 12 ans pour atteindre des valeurs maximales entre 13 et 15 ans.

Pour le processus anaérobie alactique : il augmente de 7 à 15 ans.

Pour le processus anaérobie lactique : l'aptitude des enfants rapportée à la masse corporelle est plus basse que celle des adolescents et des adultes donc le temps de remboursement de la dette d'oxygène est plus court.

 Pour les processus aérobie : la VO2max augmente régulièrement avec l'âge jusqu'à 18 ans pour les garçons et 14 ans pour les filles.

 

Conséquences pédagogiques : En jouant sur un certain nombre de paramètres, en personnalisant le travail il est possible d'envisager des progrès : intensité de l'effort, durée, nombre de répétition, série, durée de récupération, nature de la récupération.

CF H.ASSADI, M.GERBEAUX, J.GAY et M.VINZANT ("Ce qui est réalisable à l'école : développer la VMA en milieu scolaire".Dossier EPS n° 35.1997)

M.GERBAUX  et coll ("Apport des travaux en physiologie de l'exercice à la pratique des populations scolaires". Recherches en EPS : bilan et perspectives. Revue EPS.1998)

 

Le développement moteur de l'enfant du point de vue des théories du traitement de l'information

 

Le développement moteur est envisagé ici au travers du traitement de l'information. Le modèle général est apprécié d'un point de vue computationnel : stimulis (identification des informations)> traitement dans le système nerveux central (étape de sélection de la réponse) >comportement (étape de programmation, d'organisation de la réponse). La réponse motrice dépend du nombre d'informations à traiter : + il y a de stimuli + le nombre d'informations à traiter est long et + le temps de réponse est long (loi de HICK)

 

Conséquences pédagogiques : Eliminer les informations inutiles pour rechercher la régularité des actions motrices signent de développement moteur, d'apprentissage.

Augmenter le nombre d'informations à traiter pour permettre aux élèves de créer de l'incertitude en badminton par exemple pour faire aboutir une stratégie tactique.

Varier la complexité d'une tâche afin de faire intervenir ou non du stress : pour réussir une tâche simple il faut un niveau de vigilance élevé et inversement.

Faire travailler les différentes mémoires.

 

Limites :

a) Le système nerveux central ne peut pas traiter beaucoup d'informations en même temps (dépend du niveau de maturation et d'expertise). Capacité attentionnelle non extensible qui invite à un traitement sériel ou un traitement en parallèle.

b) Phénomène d'interférence : l'activité motrice peut être perturbé en tennis par l'identification de la vitesse de la balle et le placement de l'adversaire.

c) Notion de routine : comment permettre aux élèves de se construire des routines à l'origine d'une activité motrice rapide et contrôlée.

Le développement moteur de l'enfant du point de vue des théories des informations sensorielles

 

Le développement moteur est envisagé ici au travers du traitement des informations extéroceptives (visuelles ou auditives) et proprioceptives ; qui constitue des messages signifiants portés à la connaissance d'une personne

Le développement moteur est modulé, accru par des feed-back sensoriels ou modulation réflexe.

La difficulté de l'apprentissage est de permettre aux élèves de prendre de plus en plus en compte les informations proprioceptives qui nécessitent un traitement plus complexe. Il s'agit d'accorder beaucoup d'importance aux repérages tactiles. Pour CHANGEUX ("L'homme neuronal.1983) : "Toute la surface du corps pourra servir d'organe sensoriel" ; "la main est très fortement corticalisée" ("L'expérience du tout petit en milieu aquatique. Revue EPS n°129.1974).

 

Le développement moteur de l'enfant du point de vue des théories des aptitudes et habiletés motrices

 

Le développement moteur est envisagé ici au travers des notions d'aptitudes définies comme des dispositions génétiques qui ne peuvent être affectés par la pratique et l'expérience. Les travaux de FLEISHMAN ont permis d'en dénombrer une cinquantaine à l'intérieur des aptitudes perceptives, motrices, attentionnelles, physiologiques, cognitives

Le développement moteur consiste donc à organiser, modifier, gérer, planifier l'utilisation des aptitudes de l'élève.

Certaines APSA nécessitent une composition particulière d'aptitudes. Exemple en escrime : endurance, force explosive, force du tronc prioritairement ; en gymnastique : souplesse dynamique, coordination, endurance, force explosive.

 

Limites : Dans la mesure ou l'aptitude est héritée, stable on ne peut pas la modifier par des apprentissages. L'aptitude constitue une explication prédominante de la réussite d'un individu mais c'est souvent un mythe car si toute action nécessite des aptitudes, la motricité est souvent le produit d'un apprentissage dans un certain nombre d'habileté.

DURAND (1987) définit l'habileté comme "la capacité à élaborer et à réaliser une réponse efficace et économique pour atteindre un objectif précis".

 

 

 

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