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PRÉPARATION DE LA RENTRÉE 2008 C. n° 2008-042 du 4-4-2008 NOR : MENE0800308C RLR :
520-0 MEN - DGESCO
Texte adressé aux rectrices et recteurs d’académie
; aux inspectrices et inspecteurs d’académie, directrices et directeurs
des services départementaux de l’éducation nationale
La présente circulaire de préparation de la rentrée
scolaire 2008 est structurée autour de dix grandes orientations prioritaires
: - scolariser les élèves handicapés
; - clarifier les objectifs de l’école primaire. Mieux apprécier les
résultats des élèves ; - développer l’éducation artistique et
culturelle ; - découvrir les métiers et les formations pour mieux
s’orienter ; - assurer l’égale dignité des différentes voies de
formation en rénovant la voie professionnelle ; - améliorer
l’efficacité de l’éducation prioritaire pour plus d’équité scolaire ; -
assouplir la carte scolaire pour renforcer l’égalité des chances ; -
généraliser l’accompagnement éducatif ; - lutter contre toutes les
violences et toutes les discriminations, notamment l’homophobie ; -
développer l’ouverture à l’Europe dans le cadre de la Présidence française
de l’Union européenne.
1 -
Scolariser les élèves handicapés
Il s’agit d’abord de faire en
sorte que le droit à la scolarisation des élèves handicapés soit garanti.
Pour cela, tout doit être mis en œuvre pour réussir leur scolarisation et
pour assurer la continuité de leurs parcours de formation. On s’appuiera
sur cinq actions
fortes. Un projet personnalisé de
scolarisation pour chaque élève handicapé Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) qui
organise la scolarité de l’enfant est une obligation pour tous les élèves
handicapés. Un document, remis aux familles qui sont associées sans
réserve à toutes les phases de l’élaboration du projet, formalise les
décisions relatives à la scolarisation de l’élève et prises par les
instances de la “maison départementale des personnes handicapées”.
Le déploiement des enseignants
référents Il convient de prendre les
mesures qui permettront d’ajuster au mieux le nombre d’emplois consacrés à
cette fonction avec les besoins constatés. Un accompagnement de qualité La convention signée le 10 octobre 2007 par le ministre
et les associations représentant les personnes handicapées doit prendre sa
pleine mesure et permettre de développer les formations dont les
auxiliaires de vie scolaire ont besoin. Chacun d’entre eux doit se voir
offrir une formation, qu’il s’agisse des personnels recrutés sur contrats
d’assistants d’éducation ou de ceux recrutés sur contrats aidés.
Un effort croissant de formation des
enseignants L’appui et l’aide pédagogique
aux enseignants qui accueillent dans leur classe des élèves handicapés
sont une priorité. La couverture de
tout le territoire par des UPI Pour
atteindre le nombre total de 2000 UPI en 2010, le plan d’ouverture de 200
UPI par an est poursuivi. L’effort devra notamment porter sur les
ouvertures d’UPI dans les lycées professionnels, dans le cadre d’une offre
de formation concertée et cohérente. Enfin, tous les parents d’élèves
doivent avoir connaissance du numéro de la plate-forme téléphonique “Aide
handicap école” qui est pérennisée : 0810 55 55 00 mél. : aidehandicapecole@education.gouv.fr.
2 - Clarifier les objectifs de l’école primaire. Mieux
apprécier les résultats des élèves
L’École doit se donner comme
premier objectif la maîtrise par tous les élèves de la langue française,
pivot de tous les apprentissages et condition de toute expression
démocratique. 2.1. Des mesures
nouvelles pour l’école primaire Recentrer l’école sur les fondamentaux et donner plus
de responsabilité aux maîtres par de nouveaux programmes Dès la rentrée, de nouveaux programmes pour les écoles
maternelles et élémentaires entrent en application. Recentrés sur les
objectifs fondamentaux, ils font nettement apparaître les contenus à
enseigner et fixent ce qui est attendu des élèves à la fin de chaque
cycle. Le langage en maternelle, le français et les mathématiques en
élémentaire font l’objet de progressions annuelles. Afin de garantir une
bonne articu lation entre les objectifs visés en fin de grande section et
ceux du cours préparatoire, la maîtrise de la langue française et le
développement d’attitudes propices aux apprentissages sont les axes
essentiels de l’école maternelle. Lisibles et compréhensibles par tous,
ces programmes facilitent le dialogue entre les parents et les
enseignants. Les nouveaux programmes sont respectueux de la liberté
pédagogique que la loi garantit aux enseignants dans le cadre du projet
d’école. Cette liberté réaffirmée va de pair avec une responsabilité
accrue car l’efficacité de l’école comme celle de ses maîtres ne se
conçoit qu’au regard des progrès réalisés par les élèves. Mesurer régulièrement les résultats des élèves par un
nouveau dispositif d’évaluation L’évaluation des progrès des élèves doit être régulière
et précise. C’est pourquoi, de nouveaux protocoles nationaux d’évaluation
en CE1 et en CM2 sont proposés aux maîtres. Ils permettent de dresser
un bilan des acquis des
élèves en CE1 et en CM2, premiers paliers du
socle commun. Ils sont construits en référence aux connaissances et
compétences fixées par les programmes. Le résultat de ces évaluations sera
communiqué aux familles qui pourront ainsi mieux suivre les progrès de
leurs enfants. Ces nouveaux protocoles nationaux d’évaluation étant
mis en place durant l’année scolaire 2008-2009, les évaluations nationales
en 6ème seront maintenues à la rentrée 2008. Les résultats scolaires
des élèves seront un élément essentiel du pilotage. Aider par un dispositif efficace les élèves qui en
ont le plus besoin Les difficultés
repérées par le professeur sont traitées dans le cadre de la classe. Si
elles sont plus lourdes, elles donnent lieu à une prise en charge
spécifique, dans le cadre des programmes personnalisés de réussite
éducative. La modification des horaires de l’école primaire à 24 heures
d’enseignement pour tous les élèves permet dès la rentrée scolaire de
disposer de deux heures d’enseignement par semaine pour aider les enfants
qui en ont le plus besoin. L’aide est effectuée en très petits groupes,
avec le cas échéant la mise en place d’un programme personnalisé de
réussite éducative. Il conviendra de se référer à la circulaire
d’organisation de ces aides personnalisées. Dans cette même
perspective, les maîtres proposeront aux parents des élèves de cours moyen
qui éprouvent des difficultés en français et en mathématiques des stages
de remise à niveau de 15 à 30 heures pendant les périodes de vacances
scolaires.
2.2. Assurer la continuité
école-collège
Une évaluation des
connaissances et compétences des élèves tout au long de la scolarité
obligatoire L’expérimentation du livret
de connaissances et de compétences conduite au cours de l’année scolaire
2007-2008, sera suivie par l’élabo ration d’un livret scolaire national
dans le courant de l’année scolaire 2008-2009. Ce livret permettra aux
élèves et aux parents de suivre les progrès constatés dans l’acquisition
des connaissances et des compétences composant le socle commun.
La poursuite du plan de rénovation
de l’enseignement des langues vivantes L’enseignement des langues vivantes à l’école primaire
doit continuer à s’étendre au CE1 et
commencer, lorsque c’est possible, dès le CP. La mise en œuvre de cet enseignement implique une
continuité avec le collège. Actuel lement, les classes bilangues
contribuent à répondre à cet objectif. Elles ont notamment permis aux
élèves qui ne pouvaient bénéficier d’un enseignement d’anglais à l’école
primaire de commencer cette langue dès la classe de sixième. Leur
extension sera poursuivie. Afin de renforcer l’efficacité de
l’apprentissage des langues, l’enseignement sera, dans la mesure du
possible, dispensé en groupes de compétences. Pour les langues
étrangères (allemand, anglais, arabe, chinois, espagnol, hébreu, italien,
portugais et russe), le programme du palier 2 entre en application en
classe de quatrième. Pour les langues régionales (basque, breton,
catalan, corse, occitan langue d’oc, langues régionales d’Alsace et des
pays mosellans), les programmes de l’école primaire et du palier 1 du
collège entrent en application.
3
- Développer l’éducation artistique et culturelle
L’introduction d’un
enseignement de l’histoire des arts L’histoire des arts est intégrée dans les programmes de
l’école primaire applicables à la rentrée 2008 et dans les nouveaux
programmes du collège applicables à la rentrée 2009. L’enseignement
d’histoire des arts porte sur l’ensemble du champ artistique et culturel.
Il a pour objectif l’acquisition par les élèves de repères historiques et
méthodologiques indispensables à la compréhension des œuvres, et prend
appui sur le contact direct avec celles-ci. Les corps d’inspection
veilleront à la mise en place effective de cet enseignement, dans toutes
les écoles primaires. Les plans académiques de formation prévoiront des
actions de formation en s’appuyant sur le programme d’histoire des arts
ainsi que sur la perspective d’une épreuve au diplôme national du brevet,
à compter de sa session 2010. Le
développement des pratiques artistiques et culturelles ; le développement
des partenariats Parallèlement à
l’enseignement d’histoire des arts, les pratiques artistiques doivent être
renforcées dans un objectif de généralisation à l’ensemble des cycles de
formation et des champs artistiques et culturels. Afin d’offrir au plus
grand nombre la possibilité d’approfondir la pratique d’un art, le nombre
de classes à horaires aménagés sera multiplié par quatre en cinq ans et
étendu aux domaines du théâtre et des arts plastiques, conformément aux
objectifs qui ont été fixés à chaque académie. En complément des
enseignements artistiques inscrits dans le temps scolaire, la pratique
artistique et culturelle sera proposée dans tous les établissements
concernés par l’accompagnement éducatif. La pratique artistique et
culturelle est également encouragée dans le cadre des dispositifs
existants : classes à projet artistique et culturel, ateliers de pratique
artistique, ateliers scientifiques et techniques, pratique vocale et
chorale, "École, collège et lycéens au cinéma", etc. Chaque école, chaque
collège et chaque lycée doit s’engager dans un partenariat avec des
structures culturelles et des collectivités territoriales pour définir les
objectifs à atteindre et les moyens permettant de généraliser l’éducation
artistique et culturelle. À la
rentrée 2009, les projets d’établissement du second degré intégreront un volet culturel
concernant tous les élèves et élaboré en concertation avec les
institutions culturelles et les collectivités territoriales.
4 - Du collège au lycée,
découvrir les métiers et les formations pour mieux s’orienter
Le service public de
l’orientation s’inscrit dans des objectifs de politique publique
clairement affirmés : tout jeune doit atteindre au moins une certification
de niveau V, 80 % le niveau du baccalauréat et 50 % obtenir un diplôme de
l’enseignement supérieur. L’année 2008-2009 devra marquer une avancée
significative pour la parité filles-garçons dans les séries scientifiques
et techniques du baccalauréat, prévue à l’horizon 2010. Enfin, 5 % des
meilleurs élèves de chaque lycée pourront rejoindre, s’ils le souhaitent,
une classe préparatoire, un grand établissement ou une université
technologique. La prochaine Présidence française de l’Union européenne, au
second semestre 2008, a retenu la question de l’orientation comme axe
stratégique dans le domaine de l’éducation. Au collège,
l’orientation de chacun se prépare dorénavant par le parcours de découverte des métiers et des
formations, à partir de la classe de 5ème,
qui sera expérimenté à la rentrée 2008 dans les collèges volontaires,
avant d’être généralisé en 2009. Une
meilleure connaissance de l’entreprise est
nécessaire pour donner tout son sens à l’orientation des élèves et surtout
pour favoriser leur insertion professionnelle. Les chargés de mission
école-entreprise devront, en concer tation avec les services académiques
et les corps d’inspection, animer et coordonner les actions de partenariat
entre l’école et les milieux professionnels, ainsi qu’évaluer, mutualiser
et valoriser ces actions. Un nouveau
dispositif d’initiation aux métiers en alternance (DIMA) sera mis en place. Complémentaire aux dispositifs
en alternance offerts en collège aux élèves de 4ème âgés d’au moins 14
ans, il permettra à des élèves de collège de découvrir un ou plusieurs
métiers par une formation en alternance d’une année scolaire, tout en
poursuivant l’acquisition du socle commun de connaissances et de
compétences. Ce dispositif pourra être ouvert dans les lycées
professionnels ou dans les centres de formation d’apprentis et se
substituer ainsi à l’apprentissage junior abrogé, et aux classes
préparatoires à l’apprentissage. Il s’adressera à des élèves volontaires,
à condition qu’ils soient âgés de 15 ans à la date d’entrée dans le
dispositif. Des entretiens
personnalisés seront réalisés par les
professeurs principaux, avec l’appui des conseillers
d’orientation-psychologues, en classes de 3ème, de 1ère et de terminale
des LGT (le plus tôt possible dans l’année), ainsi qu’en lycée
professionnel. La présence des parents sera systématiquement recherchée
lors des entretiens personnalisés. Au
lycée général et technologique, le programme
annuel ou pluriannuel d’information sur l’orientation comportera un volet
relatif à l’orientation active vers l’enseignement supérieur. Il importe
que l’accueil des nouveaux bacheliers dans l’enseignement supérieur soit
préparé par une action déterminée d’information, de conseil et
d’orientation menée de façon concertée par les établissements
d’enseignement supérieur et les lycées. L’information donnée aux lycéens
s’appuiera sur les statistiques élaborées par les établissements
d’enseignement supérieur concernant les indicateurs de réussite aux
examens et aux diplômes, de poursuite d’études et d’insertion
professionnelle des étudiants. Au
lycée professionnel, les entretiens
personnalisés prennent une dimension nouvelle dans la refonte en cours de
la voie professionnelle. En première année, l’entretien personnalisé est
un élément essentiel dans l’action collective et prioritaire contre le
décrochage scolaire et les sorties sans qualification. En terminale, il
est l’occasion d’approfondir les connaissances sur l’offre spécifique des
filières supérieures, notamment les conditions d’accès vers les sections
de techniciens supérieurs.
5 -
Assurer l’égale dignité des différentes voies de formation en rénovant la
voie professionnelle
Doubler le nombre de lycées
des métiers labellisés Dans la mesure où
l’attribution du label permet une meilleure identification des
établissements comme lieu fédérateur des 4 voies d’accès à la
certification, la démarche qualité de labellisation devra être résolument
relancée. D’ici à 3 ans, un total de
800 établissements sur le territoire national sera labellisé. Une synthèse des critères nationaux et des étapes de la
procédure est consultable sur le site Éduscol. Chaque site académique
consacrera une rubrique au lycée des métiers afin que les outils réalisés
puissent être mis à disposition des autres académies et que les données
académiques soient rendues accessibles au niveau national via le site
Éduscol. S’agissant de la publication de la liste des établissements
labellisés, il est rappelé que la publication a dorénavant lieu par année
civile, en janvier de chaque année. Développer l’expérimentation du bacca lauréat
professionnel en trois ans L’accès au
baccalauréat professionnel en 3 ans constitue une mesure essentielle de
valorisation de l’enseignement professionnel. Il permet : - de développer l’attractivité de la voie
professionnelle, d’en faire une voie d’égale
dignité avec la voie générale et technologique sur la base d’une durée
équivalente (3 ans), sans diminuer la qualité de la formation ni la valeur
du diplôme obtenu ; - d’accroître le
nombre de jeunes qui accèdent au niveau du baccalauréat
professionnel, notamment par la création de
cursus en trois ans dans les établissements qui n’offrent aujourd’hui que
des BEP. Pour la rentrée 2008, l’accroissement sera obtenu par
transformation, en cursus trois ans, de cursus en quatre ans (cycle
BEP-Bac pro) et de cursus en deux ans (BEP). Les prévisions académiques de
transformation doivent prendre en compte les besoins économiques locaux ou
régionaux de niveaux V et IV et le profil des jeunes orientés vers la voie
professionnelle. La grille horaire applicable en 1ère année sera celle
de la seconde professionnelle du BEP correspondant. Le temps des modules
sera réservé aux élèves pour lesquels une aide personnalisée s’avèrera
nécessaire. Dans le cadre de l’autonomie de l’établissement, des mesures
complémentaires peuvent être apportées. Il importe, pendant cette
phase expérimentale, d’éviter les redondances entre les programmes de BEP
et de baccalauréat professionnel d’une même discipline, de reconsidérer la
répartition des activités entre enseignants qui interviennent sur un même
référentiel, et de recentrer les activités sur les enseignements
fondamentaux. Les corps d’inspection territoriaux et l’inspection générale
de l’éducation nationale accompagneront ce processus. Afin de contribuer à
la mutualisation, les académies mettront en ligne, sur leur site
académique, les productions et réflexions transférables. Les recteurs
veilleront à associer les partenaires sociaux signataires du protocole
national de discussion du 18 décembre 2007 à la mise en œuvre et au suivi
du baccalauréat professionnel en 3 ans. Porter une attention particulière aux élèves les plus
fragiles, en leur permettant un accès aux diplômes de niveaux V (CAP-BEP)
et favoriser les poursuites d’études des bacheliers professionnels dans
l’enseignement supérieur La rénovation de
la voie professionnelle, que cette année d’extension du baccalauréat
professionnel en trois ans inaugure, doit aussi être l’occasion de mieux
prendre en compte les élèves les plus en difficulté afin de réduire les
sorties sans qualification. Pour cela, un examen attentif de la carte de
formation de niveau V sera engagé dans chaque académie. Les
dispositions relatives à l’accueil en section de technicien supérieur des
bacheliers professionnels ayant obtenu la mention bien ou très bien
devront impérativement être respectées.
6 - Améliorer l’efficacité de l’éducation prioritaire
par son inscription dans le plan Espoir Banlieues
L’évolution de l’éducation
prioritaire en deux niveaux, les réseaux “ambition réussite”, pilotés
nationalement en lien avec les académies, et les réseaux de “réussite
scolaire”, pilotés académiquement en lien avec la politique nationale,
doit se poursuivre, afin de donner sa pleine mesure au principe de
l’égalité des chances. L’objectif de
performance de l’éducation prioritaire implique la réussite de chaque
élève, appréciable individuellement. Cet
objectif, commun dans son principe d’égalité, mais individuel dans sa
réalisation et sa mesure, conduit à considérer le parcours de chaque élève
dans sa continuité et sa cohérence, de la maternelle à la troisième dans
le cadre du réseau. Par ailleurs, les réseaux constituent le cadre privilégié de la
mise en œuvre du plan Espoir Banlieues, le
périmètre retenu, celui des quartiers “ANRU”, recoupant très largement
celui de l’éducation prioritaire. Dès la rentrée 2008, la généralisation de l’accompagnement
éducatif sera effective dans toutes les
écoles élémentaires de l’éducation prioritaire. De plus, 30 sites d’excellence seront créés. Ces lycées accueilleront soit une section
internationale, soit des filières d’excellence artistiques et culturelles
ou, s’agissant des lycées professionnels, seront rapidement transformés en
lycée des métiers. Enfin, l’expérimentation de déplacements de
classes de cours moyens, d’une école à une
autre pour y favoriser la mixité sociale, sera réalisée dans 50 sites. Ils
seront choisis par les IA-DSDEN en concertation avec les collectivités
locales. Pendant l’année scolaire 2008-2009, les réseaux d’éducation
prioritaire engageront la création de
banques de stages visant à donner une plus
grande équité d’accès aux élèves les plus défavorisés, en classe de 3ème
comme dans les filières professionnelles. Ces banques, qui seront
opérationnelles à la rentrée 2009, s’appuieront sur les propositions des
organisations patronales et professionnelles territoriales. L’éducation
prioritaire accueille parfois des collèges dégradés, de plus en plus
évités par les familles. Ces établissements seront identifiés en accord
avec les acteurs locaux et les équipes scolaires pour envisager à la fin
de l’année 2008-2009, leur destruction puis leur éventuelle
reconstruction, toutes deux intégrées dans le programme national de
rénovation urbaine.
7 - Assouplir
la carte scolaire pour renforcer l’égalité des chances
Il s’agit de continuer de
satisfaire au mieux les demandes des familles qui souhaitent inscrire leur
enfant dans un établissement différent de celui de leur secteur de
rattachement. Bien évidemment, les familles conservent le droit d’inscrire
leur enfant dans l’établissement le plus proche de leur domicile. Dans
le cas où les demandes des familles ne pourraient pas toutes être
satisfaites, elles seront traitées sur la base de critères prioritaires
précis et connus de tous : - les élèves nécessitant une prise en charge
médicale importante à proximité de l’établis sement demandé ; - les
élèves boursiers au mérite et boursiers sur critères sociaux ; - les
élèves qui doivent suivre un parcours scolaire particulier ; - les
élèves dont un frère ou une sœur est déjà scolarisé dans l’établissement
souhaité ; - les élèves dont le domicile est situé en limite de secteur
et proche de l’établissement souhaité.
Les élèves handicapés
bénéficient dans tous les cas d’une priorité absolue.
8 -
Généraliser l’accompagnement éducatif
À partir de la rentrée 2008,
l’accompagnement éducatif est généralisé à tous les collèges, publics et
privés sous contrat, ainsi qu’à toutes les écoles élémentaires de
l’éducation prioritaire, en particulier celles des réseaux “ambition
réussite”. L’accompagnement
éducatif aborde trois domaines : l’aide aux
devoirs et aux leçons, la pratique artistique et culturelle, la pratique
sportive. D’une durée indicative de 2h, il est organisé quatre jours par
semaine tout au long de l’année, de préférence en fin de journée après la
classe. Les activités culturelles et sportives peuvent être conduites
par des enseignants, des assistants d’éducation ou des intervenants
extérieurs, en particulier des associations. La pratique des langues
vivantes étrangères pour soutenir et renforcer le bilinguisme de certains
élèves peut être proposée dans ce cadre, en ayant recours aux assistants
et vacataires étrangers. Il est
recommandé de s’assurer de la qualité de l’encadrement et de faire appel à des associations agréées, au niveau
local ou national. Au sein des différentes instances de pilotage
départemental, l’IA-DSDEN recherchera la mise en cohérence de
l’accompagnement éducatif avec les dispositifs d’accompagnement des élèves
hors temps scolaire qui existent déjà : contrat local d’accompagnement à
la scolarité (CLAS), contrat éducatif local (CEL), dispositifs de réussite
éducative, actions menées dans ce domaine à l’initiative des collectivités
terri toriales.
9 - Lutter contre
toutes les violences et toutes les discriminations, notamment
l’homophobie
L’école doit offrir à tous les
enfants des chances égales et une intégration réussie dans la société. Sa
mission est donc aussi de promouvoir l’égalité entre les hommes et les
femmes, de permettre une prise de conscience des discriminations, de faire
disparaître les préjugés, de changer les mentalités et les pratiques. Au
sein des établissements, une importance particulière devra être accordée
aux actions visant à prévenir les atteintes à l’intégrité physique et à la
dignité de la personne : violences racistes et antisémites, violences
envers les filles, violences à caractère sexuel, notamment
l’homophobie. Par tous les moyens, prévention et sanction, la lutte
contre la violence dans et autour des établissements demeure une priorité
absolue.
10 - Développer
l’ouverture à l’Europe dans le cadre de la Présidence française de l’Union
européenne
La Présidence française de
l’Union européenne (deuxième semestre 2008) sera un moment privilégié pour
organiser dans les établis sements scolaires une série d’actions en
direction des élèves, afin de rapprocher ceux-ci des réalités du monde
multiculturel et plurilingue qui est le leur aujourd’hui et de leur donner
l’envie de le découvrir et de s’y intégrer. L’ouverture européenne et
la mobilité seront encouragées dans le cadre des projets académiques, et
en particulier toutes les formes d’échanges d’élèves, de professeurs, de
personnels administratifs, ou d’encadrement, avec les pays de l’Union
européenne. Les jumelages et les partenariats académiques existants seront
élargis à d’autres pays de l’UE, notamment aux nouveaux entrants. Chacune
des 30 académies est encouragée à nouer des liens éducatifs avec plusieurs
des autres pays de l’UE, en s’appuyant sur le réseau des établissements
français à l’étranger, avec le soutien de l’Agence pour l’enseignement
français à l’étranger (AEFE). Au cours des mois de septembre et
octobre, sera mis en place un “Parcours européen” dont les principaux
jalons seront : - du 2 au 5 septembre 2008, une rentrée scolaire aux
couleurs de l’Europe (pavoisement des établissements, signalétique dans
les langues vivantes européennes enseignées dans l’établissement,
événementiel spécifique, etc.) ; - la “Fête des langues”, qui prendra
appui sur la traditionnelle « Journée européenne des langues » du 26
septembre ; - du 20 au 24 octobre 2008, la semaine de “l’Europe à
l’École”, dont l’objectif sera de faire vivre les écoles, les collèges et
les lycées, les enseignants et les élèves à l’heure de l’Europe des
27.
Le dialogue de gestion
et de performance entre l’administration centrale et les recteurs, dont le
format et le contenu ont été renouvelés en 2007, permettra d’aborder
l’ensemble des points évoqués ci-dessus, aussi bien du point de vue de
l’efficacité que de la mobilisation des moyens. Il est donc indispensable
que des outils de suivi et de pilotage des différents dispositifs soient
mis en place afin que le ministre puisse rendre compte au Parlement des
réformes qu’il a initiées. De manière plus générale, l’effort de
maîtrise des dépenses publiques doit se traduire par des choix qui, à tous
les niveaux, doivent reposer sur des critères d’évaluation les plus
objectifs possibles.
Pour le ministre de
l’éducation nationale et par délégation, Le directeur général de
l’enseignement scolaire Jean-Louis NEMBRINI
Annexe
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